Bouge… Transforme-toi

L’art n’est pas la vie. Il utiliser la vie. L’artiste a la capacité de prendre et transformer la vie, de manière à produire de l’art.
André Lorde

Dans la vie d’un enfant, tout change rapidement; son corps se modifie, son esprit s’ouvre, ses idées fusent et se transforment. Par cette activité, l’élève sera amené à réaliser que s’il doit parfois subir certaines transformations à son insu, il peut également les provoquer, les contrôler. En s’inspirant de chorégraphies d’artistes en arts visuels et de chorégraphes de danse québécois, l’élève devra faire des choix de création et présenter une œuvre réalisée avec le langage du corps.

Inspirée du concept de l’émission Vente de garage dans lequel une ou un artiste donne un second souffle à un objet de la vie quotidienne pour en faire une œuvre d’art, l’activité Bouge… Transforme-toi!, invite l’élève à donner une deuxième chance, une seconde vie, à un enchaînement de mouvements simples inspirés du quotidien (marcher, manger, courir, écrire, etc.). Cette séquence de mouvements peut être aussi un échauffement ou un enchaînement que l’élève connaît déjà. Il ou elle peut alors entrer plus rapidement dans le travail de création. Ces mouvements, qui constituent la base de la création, peuvent varier en nombre d’un cycle à un autre. Après avoir fait l’apprentissage de la séquence des mouvements de départ, l’élève, en équipe ou individuellement, doit transformer le geste pour lui donner une allure différente. Par exemple, l’élève peut utiliser les différents niveaux et énergies (niveau bas, niveau moyen, effort soudain, accélération, décélération, etc.) pour appliquer des transformations au mouvement de départ. L’élève prend conscience que le mouvement se métamorphose pour qu’il soit encore plus intéressant à interpréter et à apprécier. Un mouvement acquis, répétitif, que l’on réalise plusieurs fois par jour, devient une nouvelle expérience corporelle pour l’élève. L’objectif est de permettre à l’élève de réaliser qu’avec un mouvement de départ, il est possible d’en produire plusieurs différents. Un thème peut être suggéré pour faciliter la création des élèves. Par exemple : les extrêmes, la métamorphose chez les animaux, etc.

Après ce travail de création, l’élève doit interpréter, seul ou en équipe, deux séquences de mouvements : la séquence de départ et la séquence qui a subi des transformations. Pour pousser davantage la compétence à interpréter, l’enseignant ou l’enseignante peut demander à l’élève de respecter l’intention expressive du mouvement. L’élève est amené à réfléchir sur la façon dont le mouvement doit être fait et senti. Il devient alors intéressant de comparer les deux séquences (comment le corps réagit différemment entre les deux séquences, si l’interprétation de l’élève est différente d’une séquence à l’autre etc.) et d’en discuter avec les autres élèves de la classe afin de connaître leurs perceptions. Les élèves doivent être capables de reconnaître les changements qui ont été faits entre les deux séquences.

À la fin de ce projet, l’élève doit avoir inventé une danse qui a subi des transformations marquantes. L’élève a fait des choix selon la proposition de départ et les transformations sont claires et précises. Pour réaliser ce travail, les élèves peuvent aussi s’inspirer, pour la séquence de départ, d’une phrase gestuelle de la pièce Nous n’irons plus au bois de la chorégraphe Hélène Blackburn. Cette pièce a été créée à partir des peurs qui nous entourent au quotidien. L’élève peut comprendre en appréciant l’œuvre qu’avec des mots simples ou des gestes habituels, nous pouvons pousser la création d’un geste encore plus loin. Pour faire le lien avec le domaine des langues, en classe de français, par exemple, l’élève peut s’inspirer d’une œuvre littéraire (fable, poème, conte, etc.) et la transformer en mouvements. L’élève invente alors une gestuelle à partir des mots ou des images que l’histoire évoque pour lui.

Ressources complémentaires