Collectionneurs de couleurs

Un ton seul n’est qu’une couleur, deux tons c’est un accord, c’est la vie.
Henri Matisse (peintre, 1869-1954)

Crayons aquarellables, stylos-feutres et tubes de peinture sont des inventions relativement récentes; pourtant, les humains se sont toujours exprimés par la couleur. À l’aube de l’humanité, le rouge de l’hématite, un minéral, ornait déjà la grotte de Lascaux. Quelques milliers d’années plus tard, les Égyptiens créaient le premier pigment synthétique à partir de poudre de verre, le « bleu égyptien », qui est alors utilisé pour parer stèles, sarcophages et papyrus. La terre fournit encore aujourd’hui les précieux pigments qui servent à peindre et à teindre, grâce à ses minéraux et à ses végétaux.

Cette activité a pour but d’amener les élèves à expérimenter la couleur par la découverte des pigments. Ils prendront ainsi conscience qu’ils habitent un endroit inspirant et coloré, un Québec riche de culture.

L’enseignante ou l’enseignant présente d’abord aux élèves différents types de crayons et de craies et leur demande d’où proviennent les couleurs à l’intérieur. Les élèves discutent et émettent des hypothèses. Pour les aider, on peut présenter des images qui illustrent diverses utilisations de la couleur (par exemple, dans la grotte de Lascaux). L’enseignante ou l’enseignant montre ensuite aux élèves des craies de couleur, des pastels secs et des pastilles de gouache et leur demande de trouver une façon de les réduire en poudre. Une fois que les élèves ont compris que pour y parvenir, il faut les écraser, ils partent en excursion autour de l’école à la recherche de roches, de morceaux de bois ou d’autres éléments qui peuvent servir de pilon. De retour en classe, les élèves utilisent les craies, les pastels, les pastilles de gouache, les pilons et les mortiers pour produire des poudres de couleurs variées. Ils recréent ainsi les gestes des hommes préhistoriques qui préparaient leurs couleurs. Les pigments peuvent ensuite servir à diverses expérimentations, comme être mélangés avec de l’eau ou de la colle. On peut aussi en faire des cubes de glace.

Avant de réaliser leur œuvre à l’aide des pigments, les élèves discutent de la vision qu’ont les oiseaux lorsqu’ils survolent la Terre. L’enseignante ou l’enseignant leur présente des images de la Terre vue du ciel et leur demande d’observer les couleurs (les œuvres de l’artiste Marcelle Ferron peuvent également servir d’inspiration). Sur de grands cercles taillés dans du papier blanc, les élèves créent leur planète vue du ciel à l’aide des matériaux fabriqués. On peut regrouper les sphères selon un principe collectif et les exposer sur fond noir.

Pour enrichir l’activité, l’enseignante ou l’enseignant pourrait explorer avec les élèves d’autres origines de la couleur, comme le thé noir ou vert, la betterave, les fleurs de calendule, les pelures d’oignon, le henné ou le sang de bœuf. Les élèves pourraient teindre des échantillons de tissu de fibres naturelles, comme le lin ou le coton, et observer l’évolution de la couleur sur la matière. Il serait également intéressant de fabriquer des craies de couleur à l’aide de coquilles d’œuf.

Au terme de cette activité, l’élève aura exploré et expérimenté l’art abstrait. En outre, il aura pris conscience de l’origine des couleurs et de la richesse de la terre par la création de ses propres pigments.

Repères culturels

Ressources complémentaires