Contes et légendes de mon peuple

La préhistoire est le berceau des contes et des légendes. Dès que l’homme a commencé à réglementer son clan, à donner une explication à l’imprévisible nature, qu’elle soit environnementale ou humaine, il est devenu conteur. Il a pris la parole pour donner son interprétation du réel. Plus tard, l’écrit viendra sauver quelques-unes de ses fictions ou lui permettra d’en inventer d’autres. Que ce soit L’épopée de Gilgamesh, imaginée en Mésopotamie il y a 5000 ans par les inventeurs de l’écriture, ou La chasse-galerie québécoise (1891), dont la version la plus connue est celle d’Honoré Beaugrand, les contes et les légendes offrent au lecteur des univers variés qui se rejoignent sur un point : l’explication et les obligations du passage terrestre de tout un chacun. Les élèves autochtones et allophones sont invités à côtoyer certaines de ces visions du monde issues de leur patrimoine, lesquelles véhiculent des enseignements à l’égard de la religion, de la morale, de l’inexplicable. De la sorte, toutes et tous pourront réfléchir à de nouveaux repères culturels. Ceux-ci leur permettront d’explorer des sonorités langagières et même de dépasser certains préjugés possibles.

Tout d’abord, l’enseignante ou l’enseignant amène les jeunes à réaliser que les contes et les légendes sont présents dans différentes cultures (les tricksters pour plusieurs autochtones nord-américains, le golem dans la littérature juive ou l’empereur Xuanzong et ses chevaux en Chine). Elle ou il les invite à visiter un site relatif au conte, comme Contes et légendes amérindiennes.

Par la suite, chaque élève prend contact avec une personne qui transmet des contes et des légendes dans sa communauté. Il lui demande de narrer une histoire dans sa langue maternelle. Après une recherche documentaire sur cette histoire, il se l’approprie en l’enregistrant sur un support électronique, et ce, toujours dans la langue maternelle de la conteuse ou du conteur. De plus, l’élève rédige une version française de ce même texte ou en fait un résumé si l’histoire est déjà en français, puis l’illustre. Il dépose le tout, à savoir l’enregistrement, l’écrit et les images, sur un site Internet.

Enfin, les élèves sont amenés en classe à établir des liens entre les différentes versions d’une même légende. Il pourrait être intéressant ici de voir l’effet que produit le texte sur eux, quelle est la musicalité de la langue, comment il leur est possible, dans une langue qui n’est pas la leur, de sentir la surprise, la peur, la tristesse. Ils pourront également comparer les textes écrits et les textes oraux, l’utilisation des uns au service des autres. À la fin de l’exercice, puissent-ils constater que, malgré les différences langagières et les diverses croyances, l’être humain, peu importe sa nationalité, aspire toujours à toucher le regard de l’autre.

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