De simples pièces, de multiples métamorphoses

La géométrie n’est pas faite pour être apprise, elle est faite pour être utilisée.
Seymour Papert

Bien que son origine demeure incertaine, le tangram serait un des plus vieux passe-temps orientaux. Le but du jeu : reconstituer une figure à partir des sept morceaux d’un carré initial. Alors que les nombreuses pièces des casse-tête traditionnels se transforment en une seule image, les sept morceaux du tangram peuvent se métamorphoser en des centaines de figures. Objet de loisir millénaire, le tangram se révèle aussi un outil pédagogique remarquable offrant l’occasion aux élèves de développer leur sens spatial et d’explorer les relations entre l’aire et le périmètre.

L’enseignant ou l’enseignante présente d’abord le jeu de tangram aux élèves. Il ou elle leur raconte son histoire et les légendes chinoises décrivant son origine, puis leur explique son fonctionnement et présente des œuvres d’artistes qui s’en sont inspirés, comme Donald Baechler, Patrick Scott et Matthew Langley. À partir de cette information, l’élève construit son propre tangram et en explore les différents aspects géométriques, c’est-à-dire le carré, le triangle et le parallélogramme.

À l’aide des sept pièces issues du carré original, les élèves créent de nouvelles figures, reconstituent des figures géométriques imposées et observent des silhouettes particulières. L’enseignant ou l’enseignante amène les élèves à examiner ces figures d’un point de vue mathématique : Existe-t-il différentes configurations pour une même figure? Ont-elles toutes le même périmètre? Ont-elles toutes la même aire? Quelle fraction du tangram représente chacune des pièces? Si le petit carré est l’unité de mesure, quelle est l’aire du tangram?, etc. À la suite de ces échanges disciplinaires, l’enseignant ou l’enseignante peut également inviter les élèves à créer un nouveau tangram, à le métamorphoser : Quels objets de la vie courante pourrait-on déconstruire en sept morceaux et reconstruire autrement? Si nous avions à réinventer le tangram, à quoi ressemblerait-il? Serait-il possible de créer un tangram en trois dimensions?, etc.

En plus d’être utilisé comme casse-tête, le tangram est devenu un outil d’évaluation de la créativité et une source d’inspiration pour plusieurs artistes. Dans le cadre d’un cours d’arts plastiques, le tangram peut ainsi être employé comme proposition à partir de laquelle les élèves réalisent une création personnelle par l’exploitation de gestes transformateurs.

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