Histoires de pays étranges pour enfants qui dansent

Danser avec les pieds, avec les idées, avec les mots, et dois-je aussi ajouter que l’on doit être capable de danser avec la plume?
Friedrich Nietzsche (philosophe et poète, 1844-1900)

Pour bien comprendre un phénomène, il faut parfois le regarder à distance. Devant une toile, quelques pas en arrière permettent d’en apprécier l’ensemble; en littérature, les figures de style font un détour vers l’imaginaire pour mieux appréhender certaines idées. De même, les contes de Jean de La Fontaine mettent à profit un effet de distanciation pour susciter la réflexion, où les animaux revêtent des traits humains et nous révèlent, du coup, à nous-mêmes. Mais qu’arriverait-il si, à l’inverse, nos traits culturels restaient étrangers aux animaux? S’ils ne comprenaient pas nos habitudes, mais poussés par la curiosité, tentaient de les expliquer? Tout en mouvement, avec l’imaginaire qui est le leur, les animaux se familiarisent avec la culture… et en tirent des morales bien à eux!

En équipe, les élèves choisissent d’abord un pays qui les intéresse. Au cours d’une discussion, ils déterminent une question dont ils ne connaissent pas la réponse. Pourquoi, par exemple, les Japonais mangent-ils beaucoup de riz? Et les Italiens, des pâtes? Pourquoi certaines caractéristiques physiques sont-elles différentes d’un peuple à l’autre? Les élèves se glissent ensuite dans la peau d’un animal de leur choix, familier ou exotique, du Québec ou d’ailleurs, et imaginent la réponse qu’il pourrait formuler. Qu’en pense un chat? Ou un koala? De manière ludique, chaque équipe rédige un bref conte et expose la question, la réponse inventée ainsi qu’une morale.

Aux animaux maintenant d’illustrer ce conte! En danse, les élèves utilisent différents éléments du langage de la danse pour explorer une gestuelle propre à l’animal choisi. Comment se déplace-t-il? En troupeau? À la queue leu leu? Gambade-t-il, court-il ou rampe-t-il? Est-il silencieux ou crie-t-il? Pour aider les élèves dans cette démarche, l’enseignante ou l’enseignant peut présenter l’extrait du spectacle Contes pour enfants pas sages de la compagnie PPS Danse. Enfin, les élèves ciblent une dizaine de mots-clés qui décrivent la culture du pays choisi et qui pourront venir colorer leur création.

De concert, les élèves de chaque équipe cherchent une façon originale de raconter leur conte par la danse. Pour ce faire, ils doivent respecter des consignes de création. Par exemple, ils adoptent une position de départ claire et terminent par une position finale fixe, se déplacent uniquement à la manière de l’animal choisi et utilisent des mouvements qui permettent de faire clairement comprendre les étapes du conte. Enfin, les élèves présentent leurs créations devant la classe. Les uns après les autres, et ce, tout en mouvement, les animaux soulèvent des questions quant à nos habitudes culturelles, émettent des hypothèses et tirent des leçons de nos agissements. Si on le souhaite, pour clore l’activité, les élèves expliquent leur performance.

Pour mener l’activité plus loin, l’enseignante ou l’enseignant pourrait demander aux élèves d’ajouter un tableau à leur danse qui présente la réponse réelle à la question choisie. Les élèves pourraient rédiger leurs contes dans le cours de français et fabriquer des crinières, des cornes, des sabots et des queues d’animaux en arts plastiques. Ils pourraient aussi créer, dans le cours de musique, une bande sonore à partir des cris des animaux choisis.

Repères culturels

Ressources complémentaires