Je pense, donc j’écris

C’est mon opinion, et je la partage.
Henri Monnier

Tel un train à grande vitesse, le développement de nouveaux outils de communication transforme nos habitudes et laisse derrière son passage une couche de poussière sur le téléphone à cadran. Courriel, forum, blogue, messagerie texte : l’innovation constante cherche à éclipser aussi bien les frontières physiques que temporelles. L’engouement récent pour le microblogage n’y fait pas exception. Sur une même fréquence, peu importe le lieu, politiciens, artistes, médias et commun des mortels échangent, comme si nous conversions tous autour du même café. Bien que les usages soient multiples, de mêmes codes sont utilisés pour partager en temps réel ses opinions sur les événements quotidiens. En ce sens, tout en assistant à une manifestation culturelle, les élèves font l’expérience de l’échange simultané et approfondissent, en parallèle, une réflexion sur les codes langagiers inhérents à cet outil de réseau social.

Afin que les élèves aient une compréhension commune de ce phénomène et des règles éthiques qu’il implique, l’activité débute devant un ordinateur, où l’enseignante ou l’enseignant présente des exemples de différentes plate-formes de microblogage autorisées par la commission scolaire ou l’établissement privé. Avec l’aide de leur enseignante ou enseignant, les jeunes se familiarisent avec le fonctionnement et les possibilités de ce mode de communication avant d’amorcer une réflexion sur les outils linguistiques et les stratégies mis à contribution dans ce genre de texte. Ce faisant, ce peut être l’occasion pour eux de faire des apprentissages liés à la grammaire de la phrase (phrases à construction particulière), à la grammaire du texte (cohérence textuelle, termes synthétiques) ainsi qu’au lexique (formation des mots, notamment l’abrégement).

Sur la plate-forme choisie, les élèves ouvrent d’abord un compte personnel et choisissent une balise qui sera réservée au projet. En fonction des différents supports disponibles (ordinateur, téléphone relié à Internet, tablette numérique), ils sont ensuite invités à assister à un même événement culturel et à partager et commenter simultanément leur expérience. Pour ce faire, les élèves déterminent le contenu de leurs microbillets. Écrivent-ils pour informer? Pour rendre compte d’un événement? Pour communiquer une opinion, une réaction ou une appréciation? Ou encore pour promouvoir une activité? Enfin, ils portent une attention particulière à la pertinence et à la cohérence des propos en rapport avec l’expérience vécue, à l’utilisation d’un langage approprié ainsi qu’au respect des autres.

Que ce soit lors de la visite d’une exposition ou du visionnement d’une émission culturelle, les jeunes se constituent, grâce aux microbillets, une banque de matériaux textuels qui peut être utilisée pour produire un texte plus étoffé (texte argumentatif, lettre d’opinion, critique, article de journal, etc.). À l’occasion d’une table ronde, ils sont ensuite invités à échanger sur leur expérience. Comment les médias sociaux modifient-ils leurs habitudes de communication? Quelles sont les stratégies et les connaissances que requiert le microblogage?

Au terme de l’activité, les jeunes transposent l’expérience dans la classe de monde contemporain, où ils construisent sur la même fréquence un dialogue autour d’une actualité internationale. Les bases de la communauté d’apprentissage en classe étant posées, il ne leur reste qu’à faire de nouveau la démonstration de leur responsabilisation à l’égard de l’usage des médias sociaux et de leur maîtrise des différents outils linguistiques.

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