La crosse : de la Nouvelle-France à aujourd’hui

En Nouvelle-France, la crosse était un jeu qui permettait aux tribus de régler les conflits et qui était associé à la spiritualité à un point tel que certains guerriers autochtones étaient enterrés avec leur bâton. Il semble par ailleurs que l’on doit au missionnaire Jean de Brébeuf le mérite d’avoir établi un lien entre ce bâton et la crosse d’un évêque. Si les coureurs des bois, les religieux et les militaires pratiquaient cette activité physique empruntée aux peuples amérindiens sans aucun équipement de protection, il en va autrement maintenant. Justement, qu’en est-il de ce sport aujourd’hui? Comment a-t-il évolué? Comment ce sport est-il révélateur de notre modernité culturelle?

Les élèves sont conviés à s’informer sur ce sport qui avait cours à l’époque de la colonisation du Québec, à partager leurs informations en classe et à former des équipes de six joueurs. Ils peuvent visiter le site de la Fédération de crosse du Québec et celui de l’Association canadienne de crosse afin de connaitre, notamment, les règles du jeu de l’intercrosse, cette variante de la crosse à laquelle on joue avec un bâton en plastique moulé et une balle gonflée molle. Par ailleurs, si l’école ne dispose pas de crosses, les équipements de hockey ou de ringuette sont des alternatives dans la mesure où les règles du jeu de la crosse sont respectées.

Au préalable, l’enseignante ou l’enseignant discute avec les élèves de la philosophie autochtone à la base de ce jeu qui valorise l’importance d’unifier l’intelligence, le corps et l’esprit. Dans cette perspective, le jeu se veut un exercice de courage et de force, de générosité et de loyauté. Par ailleurs, en abordant les problématiques soulevées par la prédominance du sport spectacle dans notre société, l’enseignante ou l’enseignant peut également mettre l’accent sur des éléments liés à l’éthique, entre autres le respect de soi et des autres autant dans la victoire que dans la défaite. Un tel comportement basé sur le respect se veut durable; il amène les jeunes à se rencontrer, stimule l’esprit d’équipe, anime la volonté de réussir et procure le sentiment rassurant d’appartenir à un groupe. Il s’agit, pour les élèves, de réfléchir sur leur propre savoir-vivre en collectivité.

En atelier, tout en respectant les règles de sécurité, les élèves manipulent les différents objets utilisés à la crosse. Ils pratiquent les techniques proposées par l’enseignante ou l’enseignant et ils en inventent de nouvelles. Ils collaborent afin d’élaborer un plan d’équipe en prévision de leurs éventuelles joutes. Lors d’un tournoi, lorsqu’ils sont sur le banc, ils observent le jeu et font ressortir des éléments de stratégie qu’ils devront utiliser quand leur tour de jouer viendra. À la fin de l’activité, ils discutent des valeurs liées à l’éthique du jeu et à la collaboration nécessaire à la performance.

L’apprentissage de la crosse participe à l’intégration de la pratique sportive à long terme chez l’élève. Ce dernier comprend par ailleurs que les sports collectifs font partie de l’histoire culturelle et valorisent des attitudes d’ouverture sur le monde et de respect de la diversité.

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