La migration : à la recherche de nouveaux territoires

Aller à la recherche de nouveaux territoires est une préoccupation qui remonte à la nuit des temps. Qu’elle soit volontaire ou obligée, personnelle ou collective, la migration suscite toujours une réflexion, voire une remise en question. Avant de prendre position sur cette réalité humaine, l’élève s’interroge et s’informe. Il examine des œuvres signifiantes, dont celles de René Derouin, un artiste québécois ayant réfléchi à cette quête d’un ailleurs. Au cours de cette activité, les jeunes sont invités à créer un personnage tridimensionnel qui deviendra partie prenante d’une œuvre collective illustrant un groupe qui avance vers son nouveau destin.

L’élève s’interroge d’abord sur la migration dans son milieu immédiat. Connaît-il des immigrants ou des émigrants? En est-il un lui-même? Que sait-il des raisons qui poussent les gens à quitter leur pays? Selon lui, pourquoi le Québec est-il une terre d’accueil? Il fait une recherche sur les grandes migrations humaines, se questionne à propos de leur impact sur l’identité culturelle de l’individu ou du groupe.

Chacune ou chacune est ensuite invité à apprécier des œuvres illustrant la migration : Migrations (1989-1992) et ses 19 000 figurines larguées en 1994 dans le fleuve Saint-Laurent, et La traversée du territoire (1999) de René Derouin (Montréal, 1936-), des images médiatiques (affiches, photos, etc.) et des œuvres d’art (La fuite en Égypte, Moïse menant son peuple à la Terre promise).

Puis, la classe précise les composantes de sa production : dimensions des personnages, éléments complémentaires, organisation de l’espace, etc. Chaque élève propose un personnage en migration (homme, femme ou enfant). Il anticipe des façons de le représenter en trois dimensions (particularités physiques, tenue vestimentaire) et fait des croquis de différents points de vue (face, côté, dos) et de différentes postures ou attitudes (lassitude, fatigue, courage, énergie, etc.). Les traces de ses recherches sont colligées dans un journal de bord ou un carnet de traces.

Par la suite, les jeunes se familiarisent avec les matériaux qui seront utilisés (argile ou papier mâché) avant de modeler un personnage en déplacement, puis de le particulariser. Ils portent une attention particulière à l’expressivité des formes et, s’il y a lieu, créent ou intègrent un élément complémentaire à leur composition. Finalement, en équipes, les élèves sont invités à rassembler tous les personnages dans une organisation cohérente et signifiante, et, s’il y a lieu, à enrichir le sens de l’image avec divers éléments (objets, végétation, chemin, etc.).

À la fin du projet, l’élève fait un retour sur sa réalisation et l’impact, quant au sens de son image, de ses choix artistiques. Il précise ses apprentissages artistiques et les stratégies exploitées. Il fait état de ce qu’il a appris sur la migration et constate sa plus grande ouverture à l’égard des personnes migrantes et de la diversité culturelle.

Cette activité peut être prolongée, en classe de français, par la rédaction d’un texte d’appréciation sur les œuvres de Derouin ou d’un texte poétique inspiré par l’œuvre collective. Dans le cours Monde contemporain (5e secondaire), la réalité sociale « Population » (intensification des mouvements migratoires) donne la possibilité de situer et de mettre en contexte les migrations passées et actuelles. Par ailleurs, l’art dramatique ou la danse peut offrir une vision sensible de cette réalité humaine en mettant en scène des personnages en situation migratoire.

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