Les mots doux

On peut faire beaucoup avec la haine, mais encore plus avec l’amour.
Shakespeare

Le mois de février est un moment privilégié pour discuter de l’amour, de l’amitié et des mots doux. C’est l’occasion idéale pour que les enfants explorent des valeurs d’ouverture aux autres, notamment l’entraide et le partage, ainsi que leurs multiples manifestations observées ici et ailleurs dans le monde. En élaborant un spectacle de théâtre d’ombres autour du thème des mots doux, les petits expérimentent des actions de motricité globale tout en développant leurs réactions sensorielles et corporelles par rapport aux mots et aux gestes d’amitié. Pour mener à bien ce projet, chacune ou chacun doit mettre son énergie et sa créativité au service du groupe. Ainsi, l’élève approfondit sa connaissance de soi et de ses pairs.

Afin de se familiariser avec les mots doux et les fêtes qui célèbrent l’amour (rassemblements familiaux, fête de la Saint-Valentin, etc.), les élèves se font d’abord lire quelques albums sur le sujet. La littérature jeunesse regorge de livres magnifiques qui abordent les mots doux sous diverses formes. Les jeunes sont ensuite invités à poser des questions, à donner leur opinion et à établir des liens entre les histoires lues et leur vie. Ainsi, chacune ou chacun a l’occasion d’exprimer comment ces fêtes sont vécues dans sa famille et d’autres familles d’ici et d’ailleurs[1].

Parallèlement à l’exploration des œuvres littéraires, les élèves participent à des ateliers d’art dramatique et recherchent des actions ayant un lien avec les mots doux. L’enseignante ou l’enseignant leur demande alors de mimer les sentiments des personnages (un enfant mime un sentiment que les autres doivent deviner). Puis, les élèves sont placés dans des situations variées qui requièrent l’adaptation de leurs mouvements, de leur posture ainsi que du volume, du débit et de l’intonation de leur voix à diverses émotions. Ces situations les amèneront notamment à être en mesure de :

– se positionner par rapport à l’espace, aux autres, au public, etc.;
– se déplacer dans un espace;
– tenir compte de l’autre;
– développer leurs capacités d’écoute, de contact et de complicité. (Par exemple, un enfant est une tortue et l’autre doit le retourner délicatement ou un enfant joue le rôle d’un aveugle et l’autre doit le guider doucement à travers de petits obstacles comme des coussins ou des mouchoirs.)

Pour clore la phase de préparation, les enfants sont très sommairement initiés au théâtre d’ombres, à son histoire (notamment la provenance asiatique de l’ombre chinoise) et à sa mécanique scénique (jeux d’éclairage, concept d’ombre et positionnement du corps derrière l’écran).

Les élèves commencent ensuite à élaborer leur spectacle. Dans un premier temps, ils sélectionnent une histoire portant sur les mots doux, l’amitié ou l’amour parmi les textes préalablement lus par l’enseignante ou l’enseignant. Dans un deuxième temps, afin d’adapter cette histoire au théâtre d’ombres, ils relèvent les caractéristiques des personnages. Les ateliers d’art dramatique de la phase préparatoire sont repris pour déterminer les postures et les mouvements des personnages de l’histoire. Lorsque les petits ont peaufiné leur jeu, les rôles sont attribués. L’enseignante ou l’enseignant se charge de la mise en scène, tout en considérant les nombreuses idées émises par les enfants.

Entre les répétitions, chacune ou chacun participe à la création d’accessoires en carton. Lorsque le groupe est prêt, le spectacle est présenté aux autres jeunes de l’école et à leurs parents. Après la représentation, les artistes en herbe échangent avec le public, prenant ainsi conscience de tout le travail accompli pour mener à terme leur projet.

Une telle expérience s’avère fort enrichissante pour les enfants, qui se familiarisent avec des mots doux et certains gestes ou attitudes d’ici, et parfois d’ailleurs, qui traduisent des sentiments d’amour ou d’amitié. Au-delà de la représentation de ces gestes ou de ces attitudes, elle leur permet de vivre une activité authentique de coopération. En apprenant à mieux vivre ensemble, les enfants s’approprient le sens d’une fête et des valeurs d’ouverture et de charité qui la sous-tendent.

[1] Jiang Hong Chen, Je ne vais pas pleurer, Paris, L’École des loisirs, 2000, 34 p.

Ressources complémentaires